Mars

Porteurs d'espérance, avec le Christ

Nous, le club de Montréal Villeray, avons décidé de mettre en relation le carême, qui a débuté le 14 février et le thème de cette année. Nous avons pu constater certaines choses que les deux sujets choisis ont en commun et vous pourrez vous aussi les constater. Le carême est un temps de difficulté où nous pouvons nous priver de choses que nous aimons, souvent de nourriture. C'est aussi un temps de préparation à une grande fête : Pâques, qui célèbre la résurrection de Jésus. Que nous fait remarquer cette période catholique? Elle nous fait remarquer que, sans le mal, le bonheur est normal. Pour apprécier le bonheur que nous avons, il faut parfois souffrir un minimum, accepter de se passer de quelque chose qu’on aime. Quand on a manqué de quelque chose, on l'appréciera davantage lorsque nous le retrouverons. Également, c'est un moment de réflexion. Réfléchir à quoi? À notre vie, seulement faire le point sur les événements qui nous arrivent personnellement et à travers le monde qui nous entoure. Le carême nous invite aussi à être en paix avec chaque individu que nous rencontrons tous les jours et avec nous-mêmes. C'est un temps de renouveau pour tout le monde. Donner une chance à ceux qui n’en ont pas. Malgré les privations du carême, c'est un temps d'espérance. Après tout, l'hiver est difficile mais si on le l'avait jamais traversé, on ne saurait pas que le printemps sera là. Qu'en pensez-vous? Les membres du Club VilleRayonne par Annabelle Morin

Arts et Spiritualité au cinéma (Cheminement I)

Les films sur le cheminement spirituels sont tellement divers qu’un classement thématique s’avère presqu’impossible. Je fonctionnerai donc pour les 3 prochaines parutions par l’origine des œuvres; premièrement, la France, le Canada français et anglais, l’Angleterre et la Nouvelle-Zélande. Paulin « La nuit merveilleuse » France, 1940. Un petit bijou! Noël 1940, un couple de réfugiés – un ébéniste et sa femme enceinte – revit l’itinéraire de Joseph et Marie : refusés dans les hôtels, accueillis par de braves paysans, accouchement veillé par un berger, cadeaux de 3 voyageurs. Et tout ce beau monde se rend à la messe de minuit! Clair « La beauté du diable » France, 1949. Très beau film fantastique, existentiel et écologique. L’histoire de Faust revisitée pour dénoncer la mauvaise utilisation de la science qui détruit la Terre et les séductions de la jeunesse et de la richesse. Rohmer « Ma nuit chez Maud », France, 1969. Superbe comédie dramatique sur la liberté, entre Providence et lois de la nature. Un catholique trouvera son âme sœur, à travers bien des questionnements et des péripéties. Et ça passe régulièrement sur TFO! Émond « La neuvaine », Canada, 2005. Une femme au bord du suicide échoue au bord du fleuve à Ste-Anne-de-Beaupré. Elle retrouve foi en la vie après avoir rencontré un jeune chrétien authentique qui prend soin de sa mère âgée. Émond « La donation », Canada, 2009. Une docteure se fait laisser en succession la clientèle d’un médecin en Abitibi. Elle s’intègre lentement et finit par aimer son nouveau milieu… et un boulanger, plein de sagesse. Duke « I heard the owl call my name », Canada, 1973. Le cheminement missionnaire d’un pasteur anglican malade envoyé par son évêque dans une communauté kwakiutl de Colombie-Britannique. Il s’inculturera progressivement jusqu’à se faire adopter par la communauté. Le film préparatoire au Projet Kitcisakik! Gross « Passchendaele », Canada, 2008. Superbe film de guerre chrétien sur la grande bataille de la Première Guerre Mondiale. Amour, tolérance, courage et sacrifice. Et très réaliste dans les scènes de combat. Hurst « A Christmas Carol », Angleterre, 1951. Le meilleur Scrooge! Tout le monde connaît l’histoire… et le traitement de ce film n’a jamais été dépassé : la vraie conversion d’un cœur dur dans un monde dur. Lee « L’histoire de Pi », Angleterre, 2012. L’histoire symbolique d’un naufrage permet d’illustrer les concepts de témoignage et de conversion, dans un contexte interreligieux. Bonne adaptation du roman de Yann Martel. Jackson « Le Seigneur des Anneaux », Nouvelle-Zélande, 2001. Trilogie à ne pas manquer! Dieu n’est jamais nommé, mais Il est omniprésent dans cette épopée où Gandalf et Frodo (très divins et christiques) et leurs alliés et amis réussissent à vaincre les divisions et le mal et à instituer le Royaume : une vraie mission de salut. Sylvain Bélec Coordonnateur

Le rap du Semeur

Voici une petite composition faite durant le camp Le Semeur, écrite avec camaraderie et humour (et avec un peu d’attitude de rappeur!) On aime la nature parce qu’elle est pure. La foi, c’est pas juste à l’église, mais c’est aussi dans les situations qui nous enlisent. On pense aux autres parce qu’on est des apôtres. On écoute notre cœur parce qu’on a pas peur, même dans les moments de terreur. On va évangéliser partout, Car la foi, c’est pas fait pour les mous! Antoine Piché Marie-Anne Dufour Stéphane Nafornita-Pal Albert Klopfenstein Sylvain Bélec

Retour sur le Voyage Intérieur II 2018

Du 23 au 25 février derniers, 4 jeunes courageux et 2 adultes ont participé au camp Voyage intérieur II, se tenant à Entrelacs, aux chalets des Religieux de Sainte-Croix. Courageux, dis-je, parce que dans le cadre de ce camp, nous avons à côtoyer le monde du silence, ce qui est nouveau pour certains, voire quasi-étranger à leurs réalités de bus, classes, séries télévisées et musique. Nous nous sommes donc installés, vendredi, dans nos chalets respectifs. Le contexte porte déjà à la contemplation et à l’intériorisation par le simple fait d’avoir à marcher en forêt pour nous rendre à nos repas, aux rassemblements ou à la toilette… Après nous être mis en état de relaxation, Sylvain nous dirige, par le biais de notre imagination, vers notre «centre», là où il nous est possible d’entrer en contact avec l’essence de notre être. Je vous rappelle que ce camp se centre sur la rencontre de Dieu à travers notre personnalité. Et Dieu nous attend parfois avec des symboles marquants, de vrais cadeaux pour notre croissance personnelle. Annabelle est repartie de sa fin de semaine avec, en tête, un banc, symbole de l’accueil de l’autre et de l’entraide. Charles en garde une croix de fer, symbole de la solidité de sa foi. Pierre-Luc a une peau de mouton sur laquelle il peut reposer sa confiance. Élisabeth a, quant à elle, traversé une porte d’aéroport, synonyme pour elle d’un nouveau départ dans sa vie personnelle.. Et pour en revenir au silence du vendredi et du samedi en journée, pour la majorité des jeunes, il a été apprécié, faisant partie des meilleurs moments de leur fin de semaine. Quelle belle jeunesse catholique solide et profonde! Le silence a laissé place à la fraternité du repas et des activités du samedi soir, dans une ambiance détendue qui favorisait le rire! Puis, en soirée, nous nous sommes aventurés dans les bois, après un long suspense, pour découvrir ce qu’est le chaletdouzage, avec notre guide touristique Sylvain qui nous a partagé quelques anecdotes historiques à ce sujet. À vous de découvrir de quoi il s’agit dans un prochain Voyage intérieur! Finalement, je ne peux terminer cet article sans souligner notre rencontre avec le fondateur de Salut!Terre, le Père Raymond Gourde, CSC. Cet homme créatif m’est inspirant par ses intérêts pour la psychologie et pour la spiritualité qu’il a su transposer dans les projets pertinents que sont notre Mouvement ainsi que le Centre Le Pèlerin. Saviez-vous que cet homme était si inspiré qu’il a créé près d’une demie douzaine de camp Voyage intérieur! Nous retrouvons ce contenu, d’année en année, à travers les deux camps existants aujourd’hui. Merci Raymond pour cette belle fin de semaine ressourçante! Rachel Comtois, Animatrice du club de Granby

Arts et Spiritualité Spécial Johnny Cash II

Pour faire suite aux bons commentaires sur ma chronique Art et Spiritualité de février, je vais continuer la liste de chansons spirituelles de Johnny Cash en essayant de continuer de vous donner l’essence profonde de chacune des chansons… Hurt : Littéralement un classique (la vidéo dépasse 97 millions de visionnements sur Youtube). Cash parle du mal et de la souffrance qu’elle engendre. Il parle de ses pensées et de ses mensonges qui ont fait de lui quelqu’un d’autre et des amis qu’il a perdus. La douleur, la seule chose qui soit vrai selon le narrateur, donne envie de tout recommencer, un million de milles plus loin, pour trouver une solution. The Mercy Seat : Le titre fait référence au propitiatoire, c’est-à-dire le couvercle de l’arche de l’Alliance; la propitiation étant l’acte de faire des sacrifices pour s’attirer le pardon ou des grâces particulières. Le narrateur affirme n’avoir rien fait de mal et n’avoir commis aucun crime, mais réalise avoir peut-être menti et commis le péché. Il finit par accepter la vérité, il n’a plus peur de mourir et veux voir la vérité en face, sans déformation. Le sens de la chanson m’est encore obscur, mais je sais que les références à Jésus sont très présentes en disant qu’il est né dans une mangeoire, qu’il était charpentier et qu’il est mort sur la croix. Le duo de piano à la fin est à la fois magnifique et infernal. One (composé par U2) : Cash interprète la chanson avec beaucoup de guitares acoustiques et un piano. Les paroles invitent à prendre soin les uns des autres et à ne faire qu’un dans l’amour, parce que l’amour est une loi divine, même si nous sommes tous fondamentalement différents. Les paroles contiennent même une référence à Jésus qui ressuscite les morts et qui peut guérir les lépreux dans nos têtes. Bridge Over Troubled Water (composé par Simon and Garfunkel) : Très belle chanson qui ne fait pas de référence directe à Dieu, mais l’on peut déduire que c’est lui qui nous parle à travers elle. Par le sacrifice de son fils, Dieu vient nous aider dans nos moments rudes ‘’comme un pont au-dessus des eaux troubles’’. Quand nous n’avons plus d’amis, quand la mélancolie nous envahit, Dieu se montre comme un ami qui sèche nos larmes pour que l’on brille de sa lumière. La voie féminine qui chante avec Cash et la guitare électrique qui embarquent vers les dernières minutes de la chanson ajoutent un petit quelque chose de magique. I Corinthians 15:55 : Chanson fortement inspirée de ces versets de la Bible. L’ensemble est très lent et calme et les paroles sont inspirantes et simples. La mort et le chagrin n’auront pas le dessus sur nous à cause de notre rédempteur qui veille sur nous. Les références aux éléments naturels sont nombreuses (la lumière, les étoiles et la mer). La peur ne devrait pas être une option parce que notre sentier est lumineux et nous devons demander à Dieu de faire des bonnes actions de tout notre cœur. Redemption : Très belle chanson calme et simple qui parle de la rédemption (un thème qui revenait souvent dans les chansons du mois passé). Plus précisément, le sang du christ est primordial pour nous, car c’est grâce à lui que le genre humain est libéré du mal, de Lucifer qui nous garde dans ses chaînes. Le sang du seigneur est donc le prix pour gagner la vie du Christ ressuscité. Très bien pour nous préparer à Pâques pendant le carême. La symbolique des paroles est très belle, l’on parle souvent d’un arbre à laquelle l’on doit se raccrocher (camp Zach…oups) et du chiffre de la bête, soit 666. Au fond, le choix de la rédemption nous est donné par une voix intérieure et c’est à nous de l’accepter. Further On Up The Road : Personnellement une de ses meilleures. Même si la route peut être sombre et pleine de dangers ou que nous enfilons un costume d’homme mort, l’on finira par rencontrer quelqu’un sur notre route un peu plus loin (Dieu n’est pas mentionné explicitement). À travers la chanson et la recherche dans le désert (ça fait penser aux 40 jours de Jésus au désert), l’on peut trouver la lumière qui chasserait la fièvre de notre âme. Nous rencontrerons notre frère plus loin sur la route un matin ensoleillé comme un signe que notre foi n’est pas vaine, c’est la conviction de Cash, ne jamais abandonner. La route peut faire penser à celle de Compostelle (voir autre article, pages 10 et 11). Gospel road : Chanson très joyeuse et rythmé, mais un peu longue. Le titre réfère à un film du même nom que Cash a fait sur la vie de Jésus. La chanson est surtout à propos de la vie des 12 apôtres qui sont partit sur les chemins du monde propager le message de Jésus même si les chemins sont sinueux. L’on attend les messages de Jésus, les béatitudes sur ce que les pauvres auront dans le royaume ou encore quand Jésus dit à la foule que la prophétie d’Isaïe s’accomplit aujourd’hui. L’on entend des pharisiens frustrés et Jésus proclame que nul n’est prophète en son pays. Give My Love To Rose : Un classique composé par Cash et qu’on peut obtenir en plusieurs versions, soit très vieilles ou récentes. On voit à travers la chanson des éléments très personnels de Cash comme son attachement à ses enfants qu’il a perdu un certain temps à cause d’un divorce et son dévouement envers les prisonniers (il a déjà fait de la prison). Le narrateur de la chanson est un prisonnier qui ne peut plus voir ses enfants dont sa fille Rose. Il envoie tout son amour à ceux-ci. Triste, mais représente la réalité de plusieurs. François Dufour, St-Césaire-Rougemont

Une chanson de foi

Encore une fois, durant mon cours de français, mon enseignante nous a fait écouter une chanson que je trouvais plutôt inspirante. Elle se nomme : Dommage par Bigflo et Oli. Voici les paroles : Louis prend son bus, comme tous les matins. Il croisa cette même fille, avec son doux parfum. Qu'elle vienne lui parler, il espère tous les jours. Ce qu'il ressent au fond d'lui, c'est ce qu'on appelle l'amour. Mais Louis, il est timide et elle, elle est si belle. Il ne veux pas y aller, il est collé au fond d'son siège. Une fois elle lui a souri quand elle est descendu Et depuis ce jour là, il ne l'a jamais revue. (Refrain:) Ah il aurait dû y aller, il aurait dû l'faire, crois-moi On a tous dit : "Ah c'est dommage, ah c'est dommage, c'est p't'être la dernière fois" Yasmine a une belle voix, elle sait qu'elle est douée. Dans la tempête de sa vie, la musique est sa bouée. Face à ses mélodies, le monde est à ses pieds. Mais son père lui répétait: "Trouve-toi un vrai métier". Parfois elle s'imagine sous la lumière des projecteurs. Sur la scène à recevoir les compliments et les jets de fleurs. Mais Yasmine est rouillée, coincée dans la routine. Ça lui arrive de chanter quand elle travaille à l'usine. (Refrain:) Ah elle aurait dû y aller, elle aurait dû l'faire, crois-moi. On a tous dit : "Ah c'est dommage, ah c'est dommage, c'est p't'être la dernière fois". Ah elle aurait dû y aller, elle aurait dû l'faire, crois-moi. On a tous dit : "Ah c'est dommage, ah c'est dommage, c'est p't'être la dernière fois". Diego est affalé au fond du canapé. Il engueule son p'tit frère quand il passe devant la télé. Ses amis sont sortis, il ne les a pas suivis. Comme souvent seul, la Lune viendra lui tenir compagnie. Diego est triste il ne veut rien faire de sa nuit. Il déprime de ne pas trouver la femme de sa vie. Mais mon pauvre Diego, tu t'es tellement trompé. C'était à cette soirée que t'allais la rencontrer. (Refrain:) Ah il aurait dû y aller, il aurait dû l'faire, crois-moi On a tous dit : "Ah c'est dommage, ah c'est dommage, c'est p't'être la dernière fois" Pauline elle est discrète, elle oublie qu'elle est belle. Elle a sur tout le corps des tâches de la couleur du ciel. Son mari rentre bientôt, elle veut même pas y penser. Quand il lui prend le bras, c'est pas pour la faire danser. Elle repense à la mairie, cette décision qu’elle a prise. A cette après midi où elle avait fait sa valise. Elle avait un avenir, un fils à élever. Après la dernière danse, elle s'est pas relevée. Ah elle aurait dû y aller, elle aurait dû l'faire, crois-moi On a tous dit : "Ah c'est dommage, ah c'est dommage, c'est p't'être la dernière fois" On a tous dit : "Ah c'est dommage, Ah elle aurait dû y aller, elle aurait dû l'faire, crois-moi. On a tous dit : "Ah c'est dommage, c'est p't'être la dernière fois". Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords c'est ça le secret. Cette chanson me fait penser à l'espérance car elle décrit des gens qui n'ont pas eu assez foi en eux et donc ils ont échoué là où ils auraient certainement gagné quelque chose. Cette mini action aurait probablement changé leur vie. Si Louis était allé voir cette femme au doux parfum, peut-être qu’elle aurait été la femme de sa vie. Si Yasmine n'avait pas écouté son père, peut-être qu’elle serait devenue une chanteuse connue dans le monde. Si Diego était allé à ce party, il aurait trouver sûrement lui aussi la femme de sa vie. Si Pauline avait fait des plaintes contre son mari ou était partie de chez elle, elle ne serait pas morte. Tous ces gens ont manqué de foi en eux donc ils n'ont pas atteint leurs buts. J'aime beaucoup les dernières phrases de la chanson : Vaut mieux vivre avec des remords qu'avec des regrets. Vaut mieux vivre avec des remords c'est ça le secret. Ça prouve que nous n'avons rien à perdre dans la vie. Au pire, si ça ne marche pas, tu vas avoir perdu quoi? Rien. Le secret pour mener une meilleure vie c'est de foncer et de ne pas avoir peur des remords. Au contraire, il faudrait avoir peur des regrets. Annabelle Morin (Villeray)

Conférence sur Compostelle (Éric Raymond)

Le 20 janvier dernier, notre club a réuni 21 personnes de tous horizons pour assister à une conférence sur le chemin de Compostelle avec Éric Raymond (je vous invite à voir sa page Facebook). Éric est un conférencier et un photographe de profession habitué à la paroisse de St-Césaire, mais la dernière fois qu’il y était apparu, c’était en 2013. Nos nouveaux membres avaient donc envie de le découvrir. Son apparence a changé, il a perdu ses cheveux pour arborer une barbe. Le chemin de Compostelle (Camino de Santiago en espagnol) est un pèlerinage très ancien, long de 800 km, reliant la France jusqu’à la cathédrale St-Jacques en Espagne, qui contiendrait les reliques de St-Jacques le Majeur, un des douze apôtres de Jésus. Le chemin se fait normalement en 33 jours (41 dans le cas d’Éric) et est redécouvert par beaucoup de personnes de nos jours qui le font pour des raisons d’ordre religieuses, spirituelles, historiques (culturelles) et/ou sportives. Des gens de tous les pays et continents vont aussi aujourd’hui faire ce même chemin pour des raisons bien différentes, qui ont pour but de donner un sens à leurs vies. Dans le cas d’Éric, un divorce difficile le pousse à se lancer dans le pèlerinage, mais il dit aux gens qu’il rencontre qu’il veut prendre le temps de prendre son temps… c’est bien cute, mais ça ne veut rien dire… Son aventure ne sera cependant pas de tout repos… Il pesait au moment de partir 315 livres. Il était très difficile pour lui de trouver des vêtements techniques qui devait être dans le 4XL. Il a donc dû se préparer mentalement et physiquement avant la traversée de l’Atlantique. Pour ce faire, il fait un pèlerinage en groupe long de 210 km, principalement avec des personnes âgées qui vont à son rythme, entre Granby et Cap-de-la- Madeleine. Il est poussé à marcher dans des circonstances mieux définies, parce que sa mère n’aime pas que les gens pensent qu’il est un itinérant. Bon vivant et positif, Éric s’inscrit et se rend compte, sur place, que tout le chemin se fait en récitant le chapelet! À chaque dizaine, une nouvelle personne se rend à l’avant pour le proclamer dans un speaker! En plus, à son retour il a pris 6 livres à cause de toutes les collations et pâtisseries ingérées chez les filles d’Isabelle! Ça nous a fait beaucoup rire. Revenons à Compostelle, le chemin est fait de différente manière, à pied, à vélo, en âne ou à cheval. Notre diacre, Ghislain Bernier, était déçu de ne pas pouvoir le faire en 4 roues. Les pèlerins partent souvent sur un coup de tête et le coté photographe d’Éric lui fit prendre de magnifiques clichés du chemin et des personnes de dos… parce qu’il le dépassait! À la fin de son voyage, il a en tête des rencontres avec des sans-abris, des confidences qu’il a reçues et de magnifiques églises et monastères. Le monde est petit, il rencontre de nombreuses connaissances et des Québécois, mais peu le suivent à cause de sa lenteur. Malgré les nombreuses épreuves (ses pieds sont en feu), il finit son chemin dans le lâchez-prise et la grâce de Dieu est avec lui dans la Providence. Pour finir, celui qu’on surnommait le gros Canadien, le Canadien tranquille ou Eric the Canadian pour les Anglos était un barème pour tous. Tous l’applaudissent à l’arrivée à St-Jacques de Compostelle et l’émotion tombe, il pleure. On le remercie pour cette belle conférence et on rend grâce à Dieu pour ce moulin à parole. À force de coïncidences, il ne marchera plus jamais seul, toujours un pied à la fois. François Dufour St-Césaire-Rougemont