Octobre

Porteurs d'espérance avec le Christ

Il existe bien des choses qui peuvent entraver notre mission. Il nous arrive d’être moins disponibles - les yeux rivés sur un écran d’ordi, « évachés » devant la TV, perdus dans nos pensées sans regarder les besoins qui existent chez les autres. C’est facile de ne pas voir. Mais, pour être Porteurs d’Espérance, il faut garder les yeux ouverts (ne pas être enfermés dans son petit monde) et aussi observer avec son cœur. Être porteurs d’espérance, ça peut être un simple sourire sur la rue à un inconnu. On n’a pas besoin de déplacer des montagnes. C’est dans les petits gestes du quotidien qu’on transmet l’espoir d’un jour meilleur, aujourd’hui. À l’image du Christ, être attentif et accueillant aux démunis, avoir un regard rassurant, réconfortant et apaisant pour toute personne qui se fait proche de nous. Nous devons nous faire proches de l’autre afin d’être porteurs d’espérance pour notre prochain à l’image du Christ. Karmen Saint-Pierre Unis-Vert de Saint-Pie

Arts et Spiritualité au Cinéma

Une série sur le cinéma chrétien se doit de consacrer un article sur les films qui proposent des visions inspirantes de la personne au centre de notre foi : Jésus. Hardwicke « La Nativité », Etats-Unis, 2006. La réalisatrice raconte sobrement l’évangile de l’enfance de Jésus, de l’annonciation à la fuite en Égypte, en faisant ressortir la vie émotive et la spiritualité au quotidien de Joseph et Marie, - qui vont éduquer l’enfant Jésus pour le préparer à sa mission. Bien, mais ne reste pas vraiment en mémoire. Pasolini « L’Évangile selon saint Matthieu », Italie, 1964. Le message évangélique centré autour de l’enseignement du sermon sur la montagne et les paroles et actes les plus durs de Jésus. Une approche ultraréaliste qui présente un Jésus très humain, susceptible et sans compromis. Pour ceux et celles qui trouvent les autres films trop sentimentaux. Stevens « La plus belle histoire jamais racontée », Etats-Unis, 1965. Une vie de Jésus splendidement filmée, inspirée de l’évangile selon saint Jean, qui insiste sur la divinité de Jésus, avec une ribambelle de vedettes hollywoodiennes de cette époque. Majestueux. Zeffirelli « Jésus de Nazareth », Italie, 1977. Très complète reconstitution de l’époque, avec un beau Jésus qui incarne parfaitement l’Amour de Dieu, mais qui pèche par trop d’ajouts extra-évangéliques. Par contre, la Passion est superbe et touchante. Spencer « Fils de Dieu », Etats-Unis, 2014. Un émouvant, joli et gentil Jésus qui réussit néanmoins à livrer son message radical de justice. Duvivier « Golgotha », France, 1935. Attention, chef-d’œuvre ! Adaptation très fidèle des évangiles, avec un Jésus enseignant et solide qui va jusqu’au bout de sa mission, - et qui n’escamote pas les scènes post-résurrection. Gibson « La passion du Christ », Etats-Unis, 2004. Film violent pour les cœurs bien accrochés, surtout dans la (trop?) longue scène de la flagellation, qui insiste sur les souffrances de Jésus, mais qui ne fait que suggérer la résurrection. Wyler «Ben-Hur », Etats-Unis, 1959. Bon film d’action sur l’antiquité romaine rythmé par les interventions ponctuelles du Christ dans l’action, jusqu’à la passion et la conversion finale. Sylvain Bélec Coordonnateur

L'Église habillée de feuilles

En ce froid automnal, tu recherches une source de chaleur réconfortante? Des couvertures douillettes, un pyjama de flanelle? Espèce de pantouflard! Éveille plutôt le feu de ton esprit missionnaire salutterrien en écoutant la chanson « La prière » de Georges Brassens (une visite sur les internets s’impose… que faisaient les ados de Salut!Terre avant l’existence de YouTube?!?) Cette chanson, reprenant un texte de Francis Jammes, nous a vivement été recommandée par notre ami François du club de Saint-Césaire et dont nous ne pouvions ici taire l’identité (quel humble jeune homme!) Nous avons donc fait l’écoute de ce texte franc et cru lors de notre première rencontre de la communauté diocésaine Saint-Hyacinthe de cette année et avons discuté de ce qui nous avait le plus touché, c’est-à-dire les passages sur le portement de Croix et le crucifiement. À la lecture de la strophe du portement de Croix, l’une de nous s’est exclamée qu’il semble que Jésus «l’ait eu facile» comparé à bien des malheureux qui portent leur croix de vie sans pouvoir «s’appuyer sur une amour humaine». La solitude peut peser lourd sur une croix déjà encombrante. Jésus nous invite à être des porteurs d’espérance en étant présence pour ceux qui souffrent. Faisons de nous les Simon de Cyrènes de nos jours; alors qu’il trébuchera, notre prochain n’aura pas «la face à terre» et il se relèvera avec l’aide de ta main tendue, petite résurrection du quotidien, grande victoire pour Dieu qui nous veut debout, unis dans son Amour. Un autre passage, contenu dans la strophe suivante, nous a frappés en créant dans notre imagination à chacun une image, celle de la Terre crucifiée par les quatre horizons. Certains ont vu la Croix envelopper le monde, d’autres l’ont vu trancher la planète, comme un pain fractionné, ou plutôt déchiqueté et gaspillé, car les métaphores utilisées par l’auteur sont davantage de l’ordre de la souffrance injustifiée, cruelle, inhumaine. Le pessimisme peut facilement nous gagner du moment où l’on conçoit que l’humain fait souffrir la planète par insouciance et égoïsme. De même, il condamne le juste, l’homme généreux, l’inconnu silencieux ou l’éveilleur de conscience et lui prête de mauvaises intentions, le plaçant au rang des assassins, ceux-là qui nous font peur ou nous dérangent. N’est-ce pas actuel quand on pense à nombre d’immigrants, notamment des musulmans, qui se font coller l’étiquette d’assimilateurs ou de terroristes? N’y a-t-il pas un Amour plus grand que nos différences dans notre foi aux mille et une couleurs et cultures de notre planète? Ceinturons le monde du message d’Amour de notre Église plantée aux quatre coins du monde (même si nous n’avons pas une planète cubique… en fait, ça ferait huit coins.) Et surtout, soyons sans crainte devant les violences et devenons solidaires, car par la crucifixion du monde, le Christ ne peut que (nous) ressusciter. Malgré le chemin de croix que nous traversons ou que certains de nos proches, parents et amis appréhendent, subissent ou affrontent, choisissons d’être porteurs de cette espérance de la résurrection, cette vie après la mort dans les petites comme dans les grandes choses. Ainsi, un conflit avec un pair peut mener à rencontrer une personne avec qui on ne pensait pas développer une amitié sincère et profonde. Un emploi à la hauteur de ses qualifications et adapté à ses valeurs peut se présenter après une douloureuse mise à pied. La mort d’un proche peut être l’occasion de réfléchir à ce qui importe le plus dans sa vie en vue de l’orienter de façon à ce qu’elle soit plus fidèle à ses aspirations. Pour demeurer vivante, l’Église, bâtie avec le bois de la croix, a besoin d’être habillée des feuilles de l’espérance. Ne laisse pas l’Église à nue, décore-là, tu as en toi toute la créativité et la volonté nécessaire pour le faire! Communauté diocésaine Saint-Hyacinthe Rachel Comtois, François Dufour, Catherine Noël et Marie-Pier Noël