Octobre

EN-BARQUE! TOUT CE QUI EST A BESOIN DE NOUS

C'est avec joie que je reprends contact avec vous après une période creuse de 7 mois. Le Comment-Terre vous parviendra dorénavant en version électronique sur le présent site. Les clubs reprennent leurs activités chacun à son rythme et selon leurs possibilités d'action et de rencontre. Les responsables s'inspirent mutuellement pour proposer aux jeunes un cheminement engageant dans la situation actuelle. La communauté diocésaine St-Hyacinthe fera de même au moment opportun. Nous sommes tous dans le même bateau, sur la planète entière: face à la pandémie, à l'urgence environnementale, aux besoins sociaux et à l'appel à témoigner de notre foi. Et nous, du Mouvement salut!Terre, nous voulons "EN-BARQUER" de manière particulière, pour répondre à TOUS les besoins de nos frères et soeurs et de notre maison commune. Il y a des actions que nous pouvons faire à distance: prier, téléphoner, écrire, et que sais-je encore. Il y a des engagements possibles, à discerner ensemble, pour être présents aux pauvres, aux isolés, aux membres de notre communauté chrétienne, en respectant chaleureusement nos distances. Il n'y a pas de limites à l'amour de Dieu, en étant "prudents comme les serpents et candides comme les colombes". (Matthieu 10,16) Sylvain Bélec Coordonnateur

CES PEUPLES OUBLIÉS

Lors d’une de nos dernières rencontres, Sylvain est venu nous cultiver à propos des peuples ancestraux. Nous en avons appris davantage sur leurs traditions spirituelles ainsi que sur leurs abominables conditions de vie. Maintenant, nous voulons à notre tour vous transmettre nos nouvelles connaissances sur cette communauté. Tout d’abord, leurs spiritualités traditionnelles sont transmises oralement de génération en génération. Cependant, chaque Nation n'a pas les mêmes pratiques. En fait, selon leurs croyances, la nature et l’univers fournissent des enseignements à l’humain qui leur font tirer des leçons de sagesse. Selon eux, le Créateur se manifeste de plusieurs façons : par la nature, les animaux et les plantes. Au milieu de leur croyance se trouve l’être humain qui est entouré de la nature qui a pour mission de protéger la Terre-Mère. Leur spiritualité est donc basée sur l’harmonie, la communauté, l’équilibre personnel et le respect de la nature. Par contre, leurs conditions de vie ne sont pas aussi belles que leur spiritualité. Malheureusement, le gouvernement fédéral n’a pas réussi à appliquer des mesures pour améliorer leur qualité de vie. Les Premières Nations n’ont pas accès à de l’eau potable, à un logement décent et à la protection des enfants comme ailleurs au Canada. De plus, le taux de suicide est deux fois plus élevé chez les Autochtones que dans le reste du Canada. Aussi, 47% des enfants autochtones vivent en situation de pauvreté, ce qui est le taux le plus élevé au Canada. Sans oublier le nombre de femmes autochtones disparues sans jamais avoir été retrouvées. En résumé, ces peuples méritent de meilleures conditions de vie et que nous agissions pour leur offrir une meilleure qualité de vie. Notre gouvernement les a trop souvent oubliés, il est temps d’agir. En plus si nous les avions écoutés lorsque c’était le temps, nous ne serions pas en pleine crise climatique. Annabelle Morin, Alessia Tremblay, Villerayonne

EN TEMPS DE PANDÉMIE

Quand nous prenons un temps pour prendre soin des autres et de notre terre, nous faisons du bien. Nous rendons les gens heureux et nous de même, car l’amour se donne, ou bien il se détruit, disait Monseigneur Lapierre, ancien évêque de Saint-Hyacinthe. Nous vivons une pandémie, nous en sommes tous témoins. Comment pouvons-nous grandir dans la foi? En ces temps difficiles, prenons le temps de prier même si nous avons plus ou moins accès à nos églises. N’ayez pas peur! Confions à Dieu les politiciens , les médecins et infirmières, les chercheurs, les personnes qui seront attaqués par le virus et tous les autres. Il nous guidera et nous aidera à vaincre ce mal. Jésus nous a promis une vie en abondance. Remettons-nous a lui, c’est dans l’adversité que l’on triomphe ! Les soldats du Christ Rougemont

QU'EST-CE QUE C'EST QU'AVOIR LA FOI?

Lors d’une de nos rencontres, nous avons reçu la visite de deux personnes venues nous témoigner de leur foi. Le premier, Bruno, est aujourd’hui prêtre à notre paroisse. Le second, Mathieu, est engagé comme catéchète et comme animateur musical des messes de l’église où nous nous rassemblons. Pour Bruno, ce qui l’a amené dans la foi a d’abord été la beauté. À six ans déjà, la beauté des chants, de l’église, de la crèche et des vêtements des prêtres a été son premier contact avec Dieu. Toutefois, c’est lors du dernier jour de ses trois années d’études à l’université que ce désir de mieux connaître et mieux servir le Seigneur lui est réellement revenu. Lorsqu’il s’apprêtait à quitter pour de bon son université, il a aperçu, sur le babillard au fond du couloir, une affiche pour des études en théologie. Après quelques sessions dans ce programme et, ayant terminé sa carrière d’enseignant, plusieurs personnes lui ont proposé de devenir prêtre. Pour faire cesser toutes les recommandations de son entourage, il alla donc postuler au Grand Séminaire de Montréal. À sa grande surprise, il est admis et a donc débuté son cheminement pour être prêtre. Aujourd’hui, il se sent réellement à sa place et est heureux de servir le Seigneur en redonnant espoir aux paroissiens en difficulté qu’il rencontre. Contrairement à Bruno, Mathieu n’a pas pu être baptisé à sa naissance par ses parents à cause de plusieurs événements bouleversants qui ont eu lieu près de celle-ci. C’est des années plus tard, par le biais de son frère allant à la catéchèse, qu’il est initié à Dieu et à la foi chrétienne. Néanmoins, c’est surtout avec la rencontre de sa femme que sa propre foi lui est apparue. Celle-ci a su se montrer très patiente de ce côté. Même si elle n’avait pas peur de s’affirmer en tant que chrétienne, elle ne l’a jamais forcé à croire aux mêmes choses qu’elle. Une quinzaine d’années après leur mariage, peu après leur déménagement de la France au Québec, Mathieu s’est rendu compte que plusieurs des personnes qu’il croyait être ses amis avaient une relation bien moins sincère avec lui qu’il le pensait. Il a alors demandé à sa conjointe comment elle faisait pour pardonner autant. C’est ainsi que celle-ci l’a invité à l’accompagner les dimanches lorsqu’elle allait à la messe. Peu à peu, avec les expériences qu’il a vécues, la foi de Mathieu s’est solidifiée et concrétisée, au pont qu’il est aujourd’hui capable de s’avouer chrétien à qui le lui demande et de pardonner à ceux avec qui il ne s’entend pas. En plus de leur expérience de foi, nos deux invités nous ont appris deux grandes choses sur comment raffermir notre foi et la présence de Dieu en nous. Lorsqu’on ressent Dieu en nous, il appartient à nous-mêmes de réaliser le moment clé pour la foi qu’il nous permet de vivre et d’avoir le cœur ouvert pour accepter d’être avec lui. C’est ainsi qu’on parvient à se rappeler ces moments où notre cœur vibrait d’amour sincère, même lorsqu’on vit de réelles difficultés. À l’inverse, lorsqu’on vit une nuit de foi et qu’on se sent loin de Dieu, on doit s’accrocher et continuer à faire les activités qui nous rapprochent de lui et que nous avons l’habitude de faire, que ce soit prier, aller à la messe le dimanche, lire un passage de la Bible chaque jour ou tout simplement aider quelqu’un près de nous gratuitement. Comme Bruno, qui a voulu devenir prêtre pour des raisons peu solides, mais qui a acquis une foi sincère et profonde en suivant ce chemin vers lequel il ne s’imaginait pas avancer, c’est souvent en acceptant de marcher sur les voies que Dieu place devant nous qu’on parvient à trouver la réelle lumière vers laquelle il voulait nous amener. Francis-Noël Thibaudeau et Deogratias Thibaudeau VilleRayonne

LA VIOLENCE DES SANS-VOIX

Les dernières semaines ont été turbulentes à l’international. Les rassemblements contre le racisme se sont multipliés, nous faisant découvrir des slogans comme «No justice, no peace». Sur internet, certains décriaient les actes destructeurs qui y étaient posés, affirmant que les manifestants nuisaient à leur cause: «qu’ils fassent comme Martin Luther King!» Des sans-voix Les Américains ne font pas exception, même si nous n’en parlons que peu, les noirs sont ici aussi victimes de préjugés. En réunion avec son groupe d’ados, Ange Véronique, 14 ans, partageait qu’on lui demande parfois si, au Cameroun, elle courait avec les guépards. Cette anecdote, qui nous semble anodine et qui a bien fait rire les autres jeunes, n’est qu’un exemple de la méconnaissance que nous entretenons envers ces personnes de diverses origines. Plus que de ne pas les connaître, nous leur attribuons parfois une étiquette de tribaux, de pauvres ou de «voleurs de jobs», allant ainsi jusqu’à ignorer les batailles qu’ils livrent au quotidien pour faire valoir leur place dans la société. Des sans-voie À cette même réunion, Vincent, 14 ans, s’est exclamé qu’on entend parfois que les noirs sont des voleurs, et dans ses mots, affirmait que les préjugés finissent parfois par s’avérer puisqu’on ne favorise pas l’implantation de conditions socio-économiques adéquates pour ces personnes. Et Vincent n’a pas tort, car nombre d’inégalités raciales démontrées par des études sociologiques sont liées à la structure de notre société. À titre d’exemples, étudier à l’université ou se trouver un emploi décent n’est généralement pas aussi accessible pour les personnes racisées. Quels chemins s’ouvrent alors pour exprimer pleinement leurs capacités et leurs compétences? Si vous vous faisiez régulièrement interpeller par la police pour une vérification, qu’on vous rappelait vos «origines» d’esclave sous le couvert de l’humour, que, à travail égal, votre salaire était moins élevé, que des gens de votre entourage se faisaient violenter et que malgré des revendications de longue date, vous n’étiez pas entendus, seriez-vous vraiment en mesure de faire un Martin Luther King de vous? Eh oui, la violence devient parfois le langage de ceux qui ne sont pas considérés. Condamner la violence des opprimés se résume à détourner notre regard d’une violence beaucoup plus étendue et sournoise, car elle est acceptée socialement. Que celui qui n’a jamais péché leur jette la première pierre. Rachel Comtois Club de Granby