Septembre

30 ANS D'EXPÉRIENCE, UN NOUVEL ÉLAN

Le Mouvement fête cette année 30 ans de vie apostolique avec les jeunes de 79 clubs différents. Ces 3 décennies en ont fait un mouvement expérimenté, reconnu et apprécié. Il demeure cependant que ce n’est pas la mémoire de la durée qui doit primer, mais bien pour des milliers de jeunes celle d’UNE EXPÉRIENCE de Dieu et de l’Église ancrée sur l’Évangile, la fraternité, les arts et les engagements environnementaux, sociaux et pastoraux. En effet, la pédagogie de Salut!Terre se base sur DES EXPÉRIENCES de vie chrétienne, en clubs, en communautés diocésaines, en rassemblements et en camps. Chacun porte son bagage d’expériences qui l’ont marqué et qui inspirent encore son existence; il est d’ailleurs possible d’y rêvasser au milieu de cet éditorial… Mais toute tradition, pour demeurer vivante, est À RENOUVELER. Nous avons à réinventer et à diversifier le stock d’expériences que nous proposons en club, par exemple, pour y inclure toute la richesse de Dieu et de la culture chrétienne. Les Communautés auront à réexaminer les grands projets auprès des Indiens et des réfugiés pour les rendre plus significatifs. Le Camp Emmaüs sera réformé pour le rendre plus dynamique et intériorisant. L’esprit de Sainte-Croix imprègnera encore davantage la spiritualité et l’agir de Salut!Terre. Et que sais-je encore? Ainsi, UN NOUVEL ÉLAN s’incarnera dans le Mouvement, ses clubs et ses communautés diocésaines. L’impulsion vitale ne cesse de battre! Sylvain Bélec Coordonnateur

KWE AKI, Kitcisakik 2018

Lundi, 13 août 2018, Sylvain, François et moi nous embarquons dans cette aventure aux tournures toujours inattendues. Pour une neuvième année, un petit groupe du Mouvement s’est inséré dans la vie d’un village aux allures du tiers-monde, Kitcisakik, une communauté algonquine (et non une réserve) au Nord de la réserve faunique La Vérendrye. Le calme de la presque-île du Grand Lac Victoria et les amitiés créées avec les Algonquins et avec Sœur Renelle, religieuse impliquée dans la vie pastorale de Kitcisakik et du Lac-Simon, nous appelaient, Sylvain pour une huitième fois, moi pour une quatrième et François pour une deuxième fois, ce que François s’est empressé de souligner avec humour: deux plus deux font quatre et quatre plus quatre font huit! C’était ainsi le groupe parfait! Les rires qui ont ponctué notre voyage de l’allée étaient le reflet de ce que serait notre semaine; une ambiance de camaraderie et de taquineries nous a uni et nous a permis de vivre les surprises de ce projet avec patience et détachement. En fait, nous ne savions pas du tout de quoi serait constituée notre semaine. Dès notre arrivée, nous avons fait le même constat que l’année dernière: nous étions autant de blancs que d’Amérindiens dans le village d’été (village secondaire à celui du Réservoir Dozois), c’est-à-dire environ 8 blancs et 8 Amérindiens en 2017 et 4 blancs et 4 Amérindiens cette année. Renelle avait contacté de jeunes adultes qui pourraient participer à la retraire que nous avions préparée et, n’ayant pas eu de réponse claire, nous attendions de voir qui se présenterait au Grand Lac Victoria dès le mercredi après-midi. Entre temps, Renelle nous a fait faire quelques tâches: débroussaillage du terrain de jeu des enfants, ménage de l’église qui contenait de nombreux déchets à la suite d’un mariage et ménage de la salle communautaire en vue de l’utiliser pour nos animations. Nos discussions avec Sœur Renelle et avec Monique, notre cuisinière qui nous fait explorer des spécialités autochtones telles le bouilli d’orignal, les croquettes de doré et la bannique, nous ont permis de mieux comprendre une réalité de plus en plus présente dans la communauté. De fait, de moins en moins de gens se rendent au village d’été tout simplement parce que la population de Kitcisakik est en déclin. Les jeunes, surtout des mères monoparentales, ne veulent plus des conditions actuelles qu’imposent la vie au Dozois; sans électricité ni eau courante, elles se voient obligées de se rendre au bloc sanitaire avec leur marmaille pour la douche, été comme hiver, alors qu’elles ont connu le confort des salles de bain et toilette incluses dans les domiciles en ville. L’hiver s’avère rude lorsqu’elles doivent pourvoir aux besoins de leurs enfants tout en s’assurant de chauffer au bois leur petite maison. Près de la moitié des citoyens de Kitcisakik a quitté pour la ville, principalement pour Val d’Or, afin d’échapper au mode de survie inhérent à leur milieu d’origine. Ainsi, il ne reste qu’environ 200 personnes sur place et la plupart peine à se sortir de la consommation de drogues et d’alcool, de la violence conjugale et des abus de toutes sortes. Dans ce contexte, nous sommes donc arrivés dans un village d’été à l’allure paradoxale; rénovées par des travailleurs de la communauté et par un jeune Attikamek fort sympathique, les maisons (ou cabanes devrais-je dire) sont inhabitées, voire abandonnées. Mais pourquoi donc remettre en état des habitations de fortune qui ne servent presque plus? En fait, il s’agit d’un moyen d’occuper le territoire afin de ne pas le concéder aux sociétés d’État comme Hydro-Québec par exemple, qui détient un barrage hydroélectrique non en fonction à proximité de maisons toutes non desservies. Nous avons donc «occupé» le territoire avec Monique, Marie-Anne (membre de la famille de Monique) et quelques travailleurs qui allaient et venaient. Contrairement aux années précédentes, nous avons dû trouver des activités pour nous occuper, croisant moins de gens du village avec qui converser. Nous avons donc fait une visite du petit cimetière éparpillé et envahi par la forêt derrière le village et nous avons passé nos soirées au bord d’un feu de camp à jaser et à rire. François, quant à lui, s’est évadé à plusieurs reprises en canot pour explorer le Grand Lac Victoria. Grâce à la température agréable, nous avons pu nous baigner quasi-quotidiennement, ce qui a fait de l’édition 2018 du projet Kitcisakik l’année où nous avons été le plus propre! Le fait qu’il n’y avait presque personne au Grand Lac Victoria nous a permis de vivre une belle fraternité de groupe. Fait étonnant, nous avons même été les seuls au village d’été alors que Monique est allée passer un après-midi au Dozois avec Marie-Anne pour un Bingo. Quel sentiment étrange que d’être un petit groupe de blancs, isolés, dans un village algonquin saisonnier qui a connu les balades des enfants d’une maison à l’autre, les coups de carabine des chasseurs dans la forêt et la minutie silencieuse des artisanes. La journée du mercredi, nous avons donc attendu nos quelques jeunes adultes et enfants invités à notre retraite, celle-ci étant constituée d’éléments des camps Zachée et Le Semeur. Nous nous attendions à ces deux scénarios: retard occasionné par l’Indian Time ou absence totale sans préavis. Le temps me semblait long cet après-midi. Nous nous sommes rendus à l’évidence en soirée qu’il nous faudrait trouver un moyen d’occuper notre temps, personne n’étant débarqué au quai, si ce n’est les travailleurs discrets qui transportaient matériaux et outils. Sylvain a eu la bonne idée de demander à Sœur Renelle de nous faire vivre une retraite selon ce qui l’anime dans sa foi et avec la spiritualité de sa communauté religieuse. Renelle s’est isolée un après-midi dans l’église pour nous préparer ce qui serait sa première «récollection» comme elle le nommait. Jamais elle n’avait eu l’occasion de faire quelque chose du genre et selon ses dires, ce fut un réel cadeau pour elle de nous offrir cela. J’ai beaucoup aimé suivre les étapes de sa vie, de sa conception jusqu’à aujourd’hui, et je me suis reconnue dans certains éléments de son vécu. À chaque moment important de sa vie, Renelle nous mettait en action en nous proposant un exercice en lien avec son témoignage, dans l’esprit de la spiritualité de Jean Eudes. Nous avons donc reçu une animation plutôt que d’en donner une, quelle surprise! Une autre surprise a été celle du témoignage spontané et en toute confiance de Monique qui nous a parlé d’événements de vie très personnels et de son vécu de pardon en lien avec ceux-ci. Elle nous a également inspirés lors de la procession aux flambeaux à l’occasion de la fête de l’Assomption avec ses bons mots sur les récents défunts de la communauté alors que nous nous arrêtions devant leurs maisons. Elle relevait ce que les personnes lui avaient appris, des choses concrètes et pratiques aux apprentissages plus relationnels. Je suis attristée devant le sort de cette communauté autochtone qui peine à se remettre des conséquences des pensionnats. La drogue a grugé la vie de certains des hommes avec qui nous avions eu de beaux contacts dans les dernières années. L’un d’eux que je ne connaissais pas et qui m’avait été décrit comme un bel homme arborant un sourire à la dentition parfaite nous est apparu amaigri, dents manquantes, après plusieurs années d’itinérance à Montréal. Un autre a eu peine à nous reconnaître après seulement une année en notre absence alors que nous avions eu plusieurs soirées plaisantes au bord du feu de camp ou à jouer aux cartes. Les souvenirs lui sont revenus, heureusement, et le contact a été aussi joyeux et détendu que l’an passé. Le samedi, après avoir rencontré ces deux amis «maganés», nous nous sommes promenés dans le village Dozois, au milieu des jeux d’adresse organisés pour la population. Nous avons été témoins du talent des joueurs qui tiraient à l’arc, à la carabine ou au fer à cheval avec précision. Le défi est énorme à Kitcisakik, tant au niveau pastoral que social, sanitaire et politique entre autres. Nous devrons réévaluer notre mission dans cette communauté redevenue animiste, s’étant convertie en partie au pentecôtisme et toujours aussi blessée dans sa relation à l’Église catholique. Nous avons semé des graines de considération, d’écoute, de joie et de partage au fil de nos visites, mais il demeure que notre absence durant 51 semaines sur 52 à cause de la distance est une limite dans ce que nous voulons créer et réparer relationnellement. Je fais confiance en Dieu et je crois qu’il nous indiquera où il nous veut, que ce soit à Kitcisakik ou dans une autre communauté autochtone, ou que ce soit dans un tout nouveau projet. En définitive, Kitcisakik 2018 a été vécu sous le signe d’apprendre à recevoir! Rachel Comtois Animatrice Diversiterre de Granby

"Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive" (Jean 7, 37)

Après la messe dominicale chez les moines cisterciens de Rougemont, le beau temps estival m’a invitée à emprunter les sentiers bordés d’arbres variés, tous aussi majestueux les uns que les autres. Comme j’en ai souvent l’habitude, j’ai trouvé un banc bien invitant pour m’y allonger. Après quelques instants de contemplation, j’ai ressenti un bien-être profond, une paix douce m’envahir. D’immenses érables me protégeaient des rayons brûlants du soleil par leur feuillage dansant à la brise légère. Je me suis sentie protégée par leurs grands bras, camouflée au creux de leur longue vie lente et secrète. Leurs branches m’ont amenée à réfléchir à la similitude de mes propres bras qui prennent soin des malades de par ma profession. Puis, ma réflexion s’est tournée vers l’immensité de leurs racines qui ne se voient que partiellement en surface du sol. J’ai réalisé que ces arbres prennent leur source dans les ténèbres, l’obscurité de la terre. Ils y puisent l’essentiel de leur vie, l’eau, la source. Ainsi, par ma foi en Dieu et par sa complicité, Il m’aide à traverser les ténèbres de ma vie en puisant à sa source, inépuisable… En cherchant Dieu au quotidien, comme l’arbre se nourrit par ses racines, je trouve en Lui le chemin de m’épanouir par les diverses situations de ma vie. Il m’invite à puiser au plus profond de mon être par le silence et la prière pour que mes gestes et paroles apportent bonté et amour autour de moi. Tel un arbre arbore son feuillage, né de l’eau et de la lumière, ma source, c’est toi Seigneur. Thérèse Bélair, Ancienne animatrice, Mont-Saint-Grégoire

NOUVELLES DE ST-PIE

Cet été, nous avons amassé des sous pour le Relais pour la Vie de St-Hyacinthe. Chaque dimanche pendant un mois, nous avons vendu des luminaires à l’église et aussi préparé des boutures de plantes. Nous avons remis la moitié des sous amassés par nos boutures. Nous avons remis 712$ au Relais pour la Vie. Nous sommes allés marcher avec des combattants, des survivants et des membres de familles de gens qui ont perdu la bataille, parce que nous avons voulu donner un élan d’espoir à ceux qui se battent contre le cancer et leur montrer qu’ils ne sont pas seuls. C’est une expérience que je veux revivre l’an prochain. Xavier Nantel Unis-Vert