Septembre

Restaurer notre maison commune, avec Jésus

Le thème 2019-2020 nous rappelle avec force une dimension fondamentale de notre Mouvement; celle qui le rend en outre original dans l’éventail des mouvements catholiques : la conscientisation et l’engagement selon l’axe de l’environnement. Tout notre environnement. Comme nous le chantons avec le Chant des 4 axes : « pour aider LA TERRE ET SES HABITANTS ». Nous rejoignons ainsi la pensée du Pape François, qui lie toujours l’aspect écologique et l’aspect social pour améliorer notre MAISON COMMUNE. Le terme RESTAURER possède 2 significations : réparer et nourrir. Ces 2 sens prennent une dimension encore plus profonde lorsque chrétiennement nous y ajoutons l’injonction AVEC JÉSUS. RÉPARER, avec Jésus, consiste à s’émerveiller devant la nature, à se mettre à l’ouvrage même seul ou en très petit groupe pour rebâtir une Église lieu de rassemblement, à lutter pour la réduction des injustices; comme le faisait St François d’Assise, patron des écologistes et ami des pauvres. NOURRIR, avec Jésus, nous amène à partager des ressources qui s’amenuisent pour que tous et toutes aient de quoi manger et s’épanouir, comme lorsque 5000 personnes se sont sustentées avec 5 pains et 2 poissons; des pains symbolisant le don de soi et des poissons symboles de la vie dans l’Esprit de Jésus que nous voulons vivre et faire rayonner. Sylvain Bélec Coordonnateur

Midland 2019

Un pèlerinage pour faire mémoire de nos premières rencontres... Chaque été, la communauté diocésaine de Salut!Terre, c’est-à-dire les jeunes leaders, animateurs et coordonnateur qui le désirent (en fait, Sylvain n’a pas vraiment le choix) peuvent participer à un engagement de plus grande envergure. Cette année, après une décennie de visites estivales à Kitcisakik, un village amérindien en Abitibi, nous avons décidé de clore ce chapitre en faisant un pèlerinage en Ontario en parcourant les traces des débuts de l’évangélisation en Nouvelle-France auprès des Hurons. Nous étions donc quatre à partir dans la petite voiture missionnaire de Sylvain: Melissa, une ancienne du Mouvement, Charles, un jeune leader, Rachel, une animatrice et Sylvain, un coordonnateur toujours à notre service! Charles s’est bien intégré à ce groupe de vieux desquels il a bénéficié de leur savoir-faire et de leur sagesse pour apprendre diverses choses sur la vie. À l’opposé (en âge), Sylvain a usé de ses expressions habituelles pour nous transmettre sa joie d’aller à Midland. Tous les paysages étaient l’occasion pour lui de s’écrier: «Chouette panorama!» Voici quelques témoignages de ce que nous avons retiré de notre fin de semaine des 16 au 18 août: «Pour qualifier notre voyage, je dirai qu’il a été complet. Il n’y a eu aucun moment où nous ne faisions rien, à part peut-être le soir parce qu’on se couchait de bonne heure! Ce que j’ai préféré a été de découvrir l’Ontario rural et lointain. Nous avons mangé dans de petites cantines reculées où je n’aurais jamais osé m’aventurer s’il n’y avait pas eu de personnes à l’aise en anglais en ma compagnie. Les champs de blé et de soja étaient magnifiques et la Baie Georgienne offrait un magnifique paysage. La nourriture était excellente et j’ai découvert une nouvelle gastronomie, le Fish and Chips. Je n’avais jamais mangé ça auparavant et j’ai apprécié. Manger au Don Cherry’s a aussi été une expérience inoubliable, surtout pour Sylvain! Bien sûr, les endroits que nous avons visités étaient très intéressants aussi, surtout à St-Ignace II. L’endroit était tellement paisible qu’on avait de la misère à croire que c’était l’endroit où Brébeuf et Lalemant ont été martyrisés. Voilà ce que j’ai aimé de mon voyage.» Charles Dufour «La visite du sanctuaire des saints martyrs canadiens fut pour moi la réalisation d’un rêve que j’avais depuis plusieurs années de pouvoir visiter un site dédié à ceux qui ont donné leur vie pour l’évangélisation de notre territoire. Le sanctuaire lui-même est d’une beauté époustouflante avec un intérieur fait en bois qui nous rappelle un grand canoë. Le canoë fut le mode de transport que les saints martyrs ont utilisé pour se rendre en terre huronne. Dans ce lieu, j’ai vraiment eu un sentiment de paix, de recueillement et un appel à continuer l'évangélisation à la suite de saint Jean de Brébeuf et saint Gabriel Lalemant. De l’autre côté de la rue du sanctuaire, il y a le musée vivant Sainte- Marie-au-pays-des-Hurons qui est une reconstitution du village de la mission jésuite sur le territoire huron. En visitant ce lieu, je pouvais vraiment m'imaginer comment les Jésuites et les laïques vivaient et interagissaient avec les Hurons convertis ou non. Nous avons pu toucher des vraies peaux d’animaux, voir des animaux de ferme adorables et marcher dans les édifices reconstitués pour vraiment apprécier la vie au 17e siècle. Nous avons aussi pris quelques instants pour nous recueillir au tombeau de saints Brébeuf et Lalemant qui fut un beau moment dans ce musée vraiment hors du commun.» Melissa Embriaco «La pluie diluvienne du samedi matin a été l’occasion d’une belle rencontre. Dans son petit local, à l’abri, Ingrid V. Brooks, artiste résidente du sanctuaire, terminait le croquis d’une énième peinture. Cette femme passionnée par l’aquarelle était si accueillante que le lendemain, lorsque nous nous sommes arrêtés pour effectuer des achats, elle nous a appelé «ses amis» en nous faisant un câlin. Et elle s’efforçait parfois de prononcer quelques mots en français dans la joie! Lorsque la pluie s’est calmée, nous avons pu découvrir le terrain du sanctuaire qui est parsemé de statues, de vraies oeuvres d’art, rendant hommage à des hommes et à des femmes ayant donné leur vie à Dieu, parfois jusqu’au sacrifice. Ce qui m’a touché ici était l’universalité de la foi. En Corée comme au Rwanda, Dieu vient toucher les coeurs et éveille le souci pour les pauvres, les vulnérables, les persécutés. Finalement, ce que j’ai le plus aimé de notre petit voyage, ça a été notre visite au Petroglyphs Provincial Park, où l’on retrouve un affleurement rocheux du Bouclier canadien sur lequel a été dessiné de nombreux symboles relatant la vie courante et spirituelle d’autochtones ayant vécu entre les années 900 et 1400. La pierre est maintenant protégée de l’érosion par une structure vitrée à l’allure moderne. À notre arrivée sur le site, marcher dans la forêt nous met déjà en relation avec le Créateur. Entrer dans ce bâtiment m’a fait l’effet d’entrer dans une chapelle en pleine nature. Les gens qui y circulaient étaient silencieux, admiratifs et curieux; ils cherchaient à comprendre les représentations dont le symbolisme est riche. Nommées The Teaching Rocks, ces pierres m’ont en effet appris sur moi-même dans ma relation à Dieu.» Rachel Comtois Nous n’avons pas eu l’occasion en Ontario de rencontrer personnellement et de discuter avec des Amérindiens comme c’était le cas lors de nos escapades à Kitcisakik. Ceux qui y sont allés à une ou à plusieurs reprises seront peut-être nostalgiques de penser un moment à Monique, à Kevin, à Sylvain, à Maranda, à kokum Suzanne, à Charlène, aux nombreux enfants avec qui nous avons couru à travers les petits chemins sinueux entre les maisons, etc. Nous prions pour que d’autres initiatives de réparation des liens entre blancs et autochtones, entre Église et autochtones se déploient, avec notre participation ou avec celle d’autres groupes. Avec ce chapitre qui se termine, nous demandons d’être inspirés pour établir un nouveau projet qui nous amènera à nous rendre disponible auprès d’autres gens qui portent une croix. Voilà l’essence du traditionnel Projet d’Été de Salut!Terre.